Climat de Mayotte

 

Mayotte est soumise à un climat de type tropical chaud, humide et maritime, caractérisé par des faibles variations de températures journalières et annuelles et des précipitations importantes (plus de 1500 mm par an en moyenne sur l'île).
Les deux principaux régimes de vents intéressant l'île sont le vent de mousson (chaud et humide, de nord à nord-ouest en été austral) et l'alizé engendré par l'anticyclone des Mascareignes (frais et sec, de sud-est en hiver austral).
En liaison avec ces 2 régimes de vents, deux principales saisons caractérisent l'année, l'une chaude et pluvieuse, l'autre plus fraîche et sèche ; elles sont séparées par deux intersaisons plus brèves.

  • Saison chaude et pluvieuse : été austral ou "kashkasini" de décembre à mars

    Les températures maximales avoisinent régulièrement 32°C et les minimales 21°C pendant la nuit. L'humidité s'élève à 85% et dépasse 95% pendant la nuit.
Une vaste zone dépressionnaire qui correspond en latitude à l'équateur thermique, s'étend du centre de l'Afrique à Madagascar et sur l'océan Indien.
Au nord de cette zone dépressionnaire souffle le vent de nord appelé "Kashkasi". L'air qui parvient alors sur l'archipel a traversé l'équateur ; il est chaud et humide et bien que généralement calme, souffle parfois avec violence. C'est la Mousson.
Au sud, l'alizé, qui a soufflé sur les Comores tout l'hiver et vient des régions tempérées de l'hémisphère sud, n'intéresse plus l'archipel. La rencontre entre ces masses d'air différentes se traduit par une zone de convergence : la ZCIT (zone de convergence intertropicale). Cette zone apparaît le plus souvent comme une bande de 300 à 400 Km de large, orientée Ouest/Est, et qui se déplace lentement vers le nord ou vers le sud entre les deux tropiques, en suivant les oscillations de l'équateur thermique. Elle est souvent accompagnée de pluies, d'orages, de rafales de vent. Des dépressions tropicales qui peuvent atteindre le stade de cyclone tropical("Daruba") peuvent se former au sud de cette ZCIT. Ces systèmes se déplacent ensuite de l'ouest vers le sud-ouest. Leur trajectoire et leur intensité sont sujets à de brusques variations, qui rendent les prévisions difficiles. Certaines de ces perturbations passent près de l'archipel des Comores, mais ne l'intéressent directement que rarement.
Les années 1984 et 1985 donnent avec le cyclone KAMISY et la dépression tropicale FELIKSA, deux exemples différents de comportement de perturbations ayant affecté directement Mayotte. La première caractérisée par la violence des vents observés au sol (148 Km/h) et la seconde par la forte intensité des pluies (plus de 200 mm en 24 h).

  • Saison froide et sèche : l'hiver austral ou "kussini" , de juin à septembre

    La ZCIT est au Nord de l'équateur, elle disparaît sur l'océan Indien par suite de l'appel d'air de sud-ouest provoqué par le réchauffement du continent asiatique (Mousson). Les anticyclones (zones de haute pression atmosphérique) passent au sud des Comores (25° à 30° de latitude sud) et se dirigent très lentement vers l'Est. ils forment en cette saison une bande plus importante, souvent continue. L'air froid de l'hémisphère Sud se déplace dans les basses couches vers l'équateur, par impulsions qui empruntent souvent le canal de Mozambique, et parviennent parfois assez active sur les Comores. C'est le "Kusi". Les vents sont en cette saison très réguliers. Lors de cette saison, les températures minimales peuvent descendre jusqu'à 10°C à l'intérieur de l'île. Il n'est pas rare de voir plusieurs mois sans pluie ; c'est la sécheresse.

  • Intersaisons

    - avril à mai : (intersaison du "Matulahi"- vents du sud-est)
La ZCIT se déplace vers le nord, elle est peu active et située entre l'équateur et le 5ème parallèle sud. C'est la fin de la période de mauvais temps, les cyclones ou dépressions ne menacent plus les Comores. Les vents de sud-est s'installent dans la région et font chuter les températures. Les précipitations deviennent de plus en plus rares et les dernières sont appelées "les pluies d'ambrevades" contribuant à l'abondance de ces légumes.

    - octobre à novembre : (intersaison du "M'gnombéni", vents du nord-est)
La ZCIT commence à apparaître sur l'océan Indien au sud de l'équateur. Elle se déplace vers le Sud. Vers la mi-octobre, il est fréquent que l'on ait une ou deux semaines pluvieuses : c'est la "pluie des Mangues", grâce à laquelle les mangues de décembre seront plus belles. Cependant, si le retour des pluies se fait attendre, c'est en novembre que l'effet de la sécheresse se fait le plus sentir.


La pluviométrie

Si les températures se distinguent par leur faible amplitude journalière et annuelle, et surtout restent homogènes sur toute l'île, les précipitations s'apprécient par leur disparité. En effet, malgré la petite taille de l'île, les pluies qui tombent dans le centre et le Nord-Ouest représentent plus du double de celles que reçoit le Sud. Forte disparité selon les saisons et même au sein d'une même saison. En général, les pluviométries mensuelles moyennes sont respectées, mais de temps à autre, des précipitations record sont observées. Ainsi, en janvier 1956, il est tombé 671,6 mm à Pamandzi alors qu'août n'a relevé que 0,9mm. Mieux encore, en janvier 1984, en pleine saison pluvieuse, il n'est tombé que 25,8 mm d'eau à Pamandzi. Pourtant, ces précipitations peuvent facilement atteindre 100 mm en 6 heures. Ceci étant, pendant toute l'année et même pendant la saison pluvieuse, c'est plutôt le soleil qui prédomine sur l'île, et ces précipitations ne persistent pas.

Quelques records :

Dembeni :  350,0 mm le 25 mars 1981
Coconi   :  356,0 mm le 23 décembre 1948
Pamandzi : 480,1 mm le 26 mars 1953